
La Bible peut être lue de nombreuses manières. Tantôt comme un livre de lois. Parfois comme une collection d’histoires. Et d’autres fois, comme un ensemble de prophéties.
Mais en parcourant la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse, je suis frappée par un mouvement qui revient sans cesse. Un mouvement simple, presque obstiné :
Dieu cherche l’homme.
Tout commence par une question.
« Où es-tu ? »
(Genèse 3:9)
C’est la première question que Dieu adresse à l’homme après sa désobéissance.
Adam se cache.
Il se sait coupable.
Il se sent indigne de la présence de Dieu.
Alors il fuit.
Mais Dieu, lui, appelle.
Depuis ce moment, quelque chose s’inscrit dans l’histoire biblique : lorsque l’homme se cache, Dieu cherche l’homme.
Et la scène du jardin n’est pas un simple épisode.
Elle devient même le modèle discret de toute la Bible

De la création à la nouvelle création
Le premier moment où Dieu cherche l’homme : le jardin d’Éden
Tout commence dans un jardin.
Adam et Ève se cachent parmi les arbres.
La honte est entrée dans leur cœur.
Alors Dieu appelle :
« Où es-tu ? »
Dieu sait où ils sont.
Il est omniscient.
La question n’est donc pas géographique.
Elle est relationnelle.
Dieu ne cherche pas une position.
Il cherche l’homme lui-même.
Depuis ce premier moment, un contraste apparaît.
Lorsque l’homme pèche, il fuit.
Mais Dieu, lui, appelle.
Ainsi, dès le commencement, Dieu cherche l’homme.
Et cette histoire ne s’arrête pas au jardin.
Plus j’avance dans les Écritures, plus je remarque que cette relation brisée traverse les siècles.
Dans l’histoire d’Israël, Dieu cherche l’homme sans se lasser
Les générations passent.
Les peuples apparaissent.
Et pourtant, Dieu continue de chercher l’homme.
Il appelle Abraham.
« Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père. »
(Genèse 12:1)
Avec Abraham commence une nouvelle histoire.
Dieu choisit de marcher avec un peuple.
Mais cette histoire sera marquée par des cycles.
Le peuple se détourne.
Dieu appelle.
Le peuple s’éloigne.
Dieu pardonne.
Le peuple crie à Dieu.
Dieu envoie des juges pour le délivrer.
Même lorsque le peuple demande un roi au lieu de Dieu,
Dieu ne se retire pas.
Il reste présent.
Toujours prêt à sauver.
Puis viennent les prophètes.
Des hommes et des femmes envoyés pour rappeler une parole simple :
« Revenez à moi, dit l’Éternel. »
(Malachie 3:7)
Encore et encore, Dieu appelle.
Encore et encore, Dieu cherche l’homme.
Et pourtant, malgré ces appels répétés, une distance demeure.
Alors l’histoire prend un tournant inattendu.
Jésus : lorsque Dieu vient lui-même chercher l’homme
À un moment de l’histoire, Dieu ne se contente plus d’envoyer des messagers.
Cette fois, Dieu vient lui-même.
La venue de Jésus change profondément le mouvement de l’histoire biblique.
Car en Jésus, Dieu ne parle plus seulement :
il marche au milieu des hommes.
Et sa mission est claire :
« Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. »
(Luc 19:10)
Ces mots résument toute l’œuvre de Jésus.
Il mange avec les pécheurs, cherche la brebis perdue, accueille le fils prodigue. Jésus s’approche de ceux que la société marginalise.
À travers chacune de ces rencontres, une vérité apparaît :
Dieu cherche l’homme, même lorsqu’il semble perdu aux yeux du monde.
Et cette recherche va aller encore plus loin.
À la croix, Dieu poursuit l’homme jusqu’au bout
La croix.
Ce bois infâme devient l’expression la plus radicale de cette recherche.
Jésus meurt pour ceux qui l’ont rejeté.
La croix révèle jusqu’où l’amour de Dieu est prêt à aller.
« Dieu prouve son amour envers nous, en ce que Christ est mort pour nous lorsque nous étions encore pécheurs. »
(Romains 5:8)
Dieu ne cherche pas l’homme quand celui-ci est digne.
Il le cherche lorsqu’il est perdu.
Faible.
Brisé.
Même lorsque l’homme ne répond pas.
Même lorsqu’il ne comprend pas.
La poursuite de Dieu ne s’arrête pas devant le rejet.
Elle va jusqu’au don de soi.
Mais la croix n’est pas la fin de l’histoire.
La résurrection et l’église : Dieu cherche encore l’homme
Jésus ne se contente pas de mourir.
Il ressuscite.
La résurrection ouvre un chemin nouveau :
celui d’une vie réconciliée avec Dieu.
Et cette recherche de l’homme continue à travers l’Église.
À travers ceux qui ont entendu l’appel de Dieu
et qui, à leur tour, témoignent de cet amour.
Comme si Dieu continuait de dire au monde :
« Où es-tu ? »
Toujours dans l’espérance de retrouver la brebis perdue.
L’Apocalypse : quand Dieu trouve enfin l’homme
La Bible se termine par une promesse.
Un jour, cette recherche trouvera son accomplissement.
« Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes.
Il habitera avec eux. »
(Apocalypse 21:3)
Ce que Dieu cherchait depuis le jardin devient enfin réalité.
La Bible commence avec un homme qui se cache.
Elle se termine avec Dieu qui habite avec l’humanité.
Entre ces deux moments, un même mouvement demeure :
Dieu cherche l’homme.
Et dans ce mouvement, une question me revient toujours à l’esprit.
Pourquoi Dieu cherche l’homme ?
Pourquoi Dieu poursuit-il l’homme avec une telle persévérance ?
La Bible donne une réponse simple.
« Dieu est amour. »
(1 Jean 4:8)
Dieu aime parce qu’il est amour. Il ne peut pas ne pas aimer.
Son amour ne dépend pas de la réponse humaine.
Mais il y a aussi une autre raison.
« Dieu créa l’homme à son image. »
(Genèse 1:27)
L’homme porte l’image de Dieu.
En fait, chercher l’homme, c’est aussi refuser de perdre ce qui porte cette image.
Dieu ne peut pas se renier lui-même.
Et pourtant, même si Dieu cherche l’homme, une réalité demeure.
L’amour de Dieu appelle une réponse
L’amour ne peut pas être imposé.
Depuis le jardin d’Éden, Dieu appelle.
Il parle.
Il cherche.
Mais l’homme reste libre.
Cette liberté apparaît jusque dans les dernières pages de la Bible :
« Voici, je me tiens à la porte et je frappe.
Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte,
j’entrerai chez lui. »
(Apocalypse 3:20)
Jésus frappe.
Mais il n’enfonce pas la porte.
On pourrait dire que toute la Bible raconte deux mouvements.
D’un côté, Dieu cherche l’homme.
De l’autre, l’homme choisit de répondre… ou de se cacher.
Et parfois je me demande si la question posée dans le premier jardin n’a jamais cessé d’être posée.
Comme si, à travers les siècles, la même voix continuait d’appeler :
« Où es-tu ? »