Quand Dieu répond : et si je ne reconnaissais pas ?

Je me plains de ce que la Bible ne dit pas tout.
Et même ce qu’elle dit… je ne le vois pas toujours.
Mais en y repensant, je reconnais une chose :
je ne priais pas pour entendre une réponse.
La prière n’était pas vraiment un dialogue.
C’était plutôt un monologue.
Mais ce temps est révolu.
Aujourd’hui, quand je prie, quelque chose en moi attend.
Je n’attends pas forcément une voix.
Ni un signe.
Mais au moins quelque chose de clair.
Quelque chose que je pourrais reconnaître.
Et pourtant…
Quand Dieu me répond, rien ne s’impose, la plupart du temps.
Ou peut-être que si.
Mais c’est moi qui ne sais pas le reconnaître.
Quand Dieu me répond… mais que je ne reconnais pas
Et dans ce moment, une question revient.
Et si le problème n’était pas l’absence de réponse, mais ma manière d’entendre ?
Cette phrase me revient :
« Dieu parle cependant, tantôt d’une manière, tantôt d’une autre, et l’on n’y prend point garde. » Job 33, 14
N’est-ce pas moi, ça ?
Peut-être que je ne suis pas capable de reconnaître la réponse.
Mais si elle venait autrement… est-ce que je la reconnaîtrais ?
Si elle ne correspondait pas à ce que j’attends… saurais-je la reconnaître ?
Et si…
La réponse était déjà là, mais autrement.
Sans que je sache la discerner.
Quand Dieu me répond autrement
Peut-être que moi, je m’attends à une réponse claire.
Quelque chose qui s’impose.
Du genre :
J’ouvre la Bible… et un verset répond exactement à ma question.
Ou je m’endors juste après avoir prié… et un songe vient éclairer ce que je cherche.
Oui, cela m’est déjà arrivé.
Mais ces moments restent rares.
Alors…
Et si la réponse ne faisait pas toujours de bruit ?
Si elle passait autrement ?
Dans une pensée qui revient…
Saurais-je faire la part des choses avec mes propres pensées ?
Et si elle venait comme une paix qui s’installe doucement ?
Saurais-je la reconnaître ?
Peut-être aussi dans une retenue que je ne comprends pas tout de suite.
Ou même… dans ce silence.
Et là, en moi, quelque chose hésite.
Je ne saurais dire qu’il n’y a pas de réponse.
Mais je ne peux pas dire non plus que je l’ai clairement entendue.
Alors je reste là. Entre deux.
Dans une attente qui ne sait pas vraiment quoi attendre.
Parfois, c’est paisible.
Pour certaines questions, je sens que ce n’est pas encore le moment.
Mais parfois…
Quand la réponse implique une action, ça devient plus difficile.
Plus frustrant.
Parce que j’aimerais savoir.
J’aimerais être sûre.
Pouvoir dire, avec certitude : voilà, c’est ça.
Entre confiance et maîtrise
Comme j’aime le dire, l’écrivain écrit ce qu’il a reçu.
Et pour une écriture que je veux fidèle à la source, me retrouver entre ces deux postures peut devenir inconfortable.
Je ne veux pas écrire pour écrire.
Je veux répondre à un appel.
Mais si je ne suis pas capable de reconnaître quand une réponse m’est donnée…comment écrirais-je ?
Alors, cette tension se glisse aussi dans mon écriture.
Parfois, avant d’écrire, j’ai besoin que tout soit clair.
Net. Limpide.
Comme si tout devait m’être donné à l’avance.
Comme si je devais être sûre avant de poser un mot.
Ou même comme si ce que j’écris devait être une réponse.
Et pourtant…
N’est-ce pas là que quelque chose se ferme ?
Moi qui dis faire confiance à la source.
Moi qui dis avancer sans plan.
Mais alors…
Est-ce que je laisse vraiment de la place pour être conduite ?
Ou est-ce que, comme dans ma prière, je cherche à maîtriser ce qui ne peut pas l’être ?
Et si, quand Dieu me répond, en cherchant à être sûre de la réponse,
je passais à côté de la relation qui me permettrait justement de la reconnaître ?