
Une soif profonde : vivre pour le regard de Dieu
Améthyste est assise sur son lit, le carnet ouvert, le stylo immobile entre ses doigts.
La pièce est calme. Trop calme.
Ce soir-là, elle ne médite pas pour se rassurer, mais pour se préserver.
Son esprit est tourné vers Saül, le premier roi d’Israël.
Non pas par curiosité historique, mais par vigilance spirituelle.
Elle sait une chose :
On peut être choisi par Dieu, appelé, même oint…
Et pourtant finir loin de Lui.
Améthyste ne veut pas avancer naïvement dans sa foi.
Elle veut plaire à Dieu — vraiment.
Et pour cela, elle accepte de regarder en face une vie biblique qui avertit plus qu’elle ne rassure : celle de Saül.
Améthyste et la peur de mal finir
À 18 ans, Améthyste appartient à une génération pressée.
Pressée de réussir.
Pressée de comprendre.
Pressée d’être reconnue.
Pourtant, elle refuse d’avancer les yeux fermés.
Elle a vu trop de croyants commencer avec ferveur et s’éteindre sans bruit.
Trop de vies spirituelles étouffées par l’orgueil, la comparaison, la peur de déplaire.
Elle murmure presque pour elle-même :
« Seigneur, je veux Te plaire aujourd’hui… et encore demain. »
Alors elle ouvre la Bible.
Et tombe sur Saül.
Saül, choisi par Dieu mais perdu en chemin
Un début marqué par l’humilité
Saül n’a pas commencé comme un tyran.
Il n’était ni orgueilleux ni ambitieux.
La Bible dit même qu’il se cachait parmi les bagages lorsque Samuel voulut le présenter au peuple.
Un homme conscient de sa petitesse.
« Ne suis-je pas Benjamite, de la plus petite des tribus d’Israël ? » (1 Samuel 9,21)
Améthyste souligne ce verset.
Elle écrit :
Dieu commence souvent avec des cœurs humbles.
Mais elle ajoute aussitôt :
Encore faut-il le rester.
La première désobéissance de Saül : agir sans attendre Dieu
Le peuple est encerclé.
L’ennemi approche.
Samuel tarde.
Saül regarde autour de lui. Les soldats se dispersent.
Il faut agir. Vite.
Alors il fait ce qui semble logique… mais pas ce qui est juste.
Il offre le sacrifice à la place de Samuel.
Améthyste ferme les yeux.
Elle reconnaît cette tentation :
agir vite, seule, sans attendre Dieu, surtout quand le silence devient inconfortable.
Elle note dans son carnet :
L’urgence n’est jamais une excuse pour désobéir.
Saül n’a pas défié Dieu ouvertement.
Il L’a simplement écarté du processus.
Et cela suffit.
Saül et la désobéissance consciente : quand le cœur résiste
Cette fois, Dieu est clair.
Sans ambiguïté.
Mais Saül décide de filtrer l’ordre divin.
Il garde ce qui lui semble bon.
Il ajuste la volonté de Dieu à sa logique.
Lorsque Samuel le confronte, Saül se justifie :
« J’ai obéi à la voix de l’Éternel… » (1 Samuel 15,13)
Mais Samuel répond par une parole tranchante :
« L’obéissance vaut mieux que les sacrifices. » (1 Samuel 15,22)
Améthyste sent cette phrase la traverser.
Elle comprend soudain que l’on peut parler le langage de Dieu tout en Lui résistant intérieurement.
Pourquoi Saül a chuté : les racines invisibles
1. Saül n’a jamais traité l’orgueil
L’orgueil de Saül n’était pas bruyant.
Il était progressif.
Plus il montait, moins il consultait Dieu.
Plus il décidait seul.
La Bible avertit pourtant :
« L’orgueil précède la chute. » (Proverbes 16,18)
Améthyste écrit lentement :
Seul Dieu révèle l’orgueil caché… à ceux qui Le cherchent vraiment.
2. Saül a fui la responsabilité
Quand Samuel le confronte, Saül pointe le peuple.
Améthyste pense à Adam.
À Ève.
À cette vieille habitude humaine de fuir sa faute.
Elle soupire.
La repentance commence toujours par la reconnaissance de sa faute.
Et Saül n’y est jamais entré.
3. Saül voulait plaire aux hommes plus qu’à Dieu
C’est ici que le récit devient personnel.
Saül voulait être aimé.
Approuvé.
Respecté.
« J’ai craint le peuple, et j’ai écouté sa voix. » (1 Samuel 15,24)
Cette phrase frappe Améthyste de plein fouet.
Les réseaux sociaux.
Les regards
La validation.
La peur d’être rejetée.
Elle comprend que ce combat est toujours d’actualité.
Elle murmure :
« Seigneur, aide-moi à ne jamais te sacrifier pour être acceptée. »
Quand Dieu se retire : le silence le plus effrayant
Dieu ne répond plus à Saül.
Ni par les songes.
Ni par les prophètes.
Le roi est toujours sur le trône.
Mais pour Dieu, il ne l’est plus.
Cette pensée glace Améthyste.
Vivre religieusement sans être reconnu par Dieu…
Quelle tragédie !

Rien n’est plus vertigineux
que d’avoir marché longtemps,
pensant suivre Dieu,
pour s’apercevoir, au soir de la vie,
qu’Il n’était pas sur la route.
Saül et la fausse quête spirituelle
Privé de la voix de Dieu, Saül consulte une nécromancienne.
Il cherche une réponse.
Mais pas par le bon chemin.
Améthyste pense à sa génération.
À l’attrait du mystique.
À la quête de révélations rapides.
Elle écrit en lettres capitales :
Chercher la lumière ailleurs que dans l’Esprit mène toujours à l’ombre.
Ce que Saül enseigne à Améthyste — et à la jeunesse
1. L’humilité précède toujours l’élévation
Avant de vouloir monter, Améthyste veut s’abaisser.
Elle sait désormais que Dieu élève ceux qui se laissent façonner.
« Dieu résiste aux orgueilleux, mais Il fait grâce aux humbles. » (Jacques 4,6)
2. Placer Dieu au-dessus de toute approbation

Le roi Saül et Améthyste se font face, dans le silence.
Sa voix est basse, presque tremblante :
« J’ai voulu plaire aux hommes. J’ai cru obéir. Mais j’ai perdu Dieu en chemin. »
Améthyste se surprend à prier :
« Père, aimes-tu ce que je m’apprête à faire ? »
Elle choisit désormais la fidélité plutôt que la popularité.
3. Obéir, même quand cela coûte
Elle comprend une vérité essentielle : entrer dans l’intimité de Dieu a un prix.
Et ce prix s’appelle l’obéissance.
« Le serviteur qui a connu la volonté de son maître et ne s’y est pas préparé sera sévèrement puni. » (Luc 12,47)
De Saül à Jésus : deux chemins opposés
Saül a désobéi pour conserver son trône.
Jésus a obéi jusqu’à perdre sa vie.
Saül a cherché l’approbation des hommes.
Jésus a accepté leur rejet pour plaire au Père.
Améthyste ferme son carnet.
Elle sait désormais quel chemin elle veut suivre.
Un dernier murmure pour la jeunesse
Si tu veux être élevé, humilie-toi.
Si tu veux être guidé, obéis.
Si tu veux plaire à Dieu, ne marche pas sur les traces de Saül.
Améthyste se lève.
Son chemin est encore long.
Mais son cœur est désormais vigilant.
Et cela change tout.
Il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom.
Phi 2, 8 – 9
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