Oh, misérable que je suis !
Comme je regrette toutes les fois où je me suis érigée en obstacle,
t’empêchant de démontrer ton amour pour l’autre.
Comme je m’en veux d’avoir été, tout ce temps, ton plus grand ennemi.
Comme je regrette toutes les fois où je me suis tue
au lieu de dire à l’autre qui tu étais.
Je t’ai fait du mal.
Tout ce temps, je t’ai rendu malheureux.
Et moi qui pensais t’aimer.
Et moi qui pensais que mon inaction n’était pas une faute.
Mais aujourd’hui, je vois.
Toutes les fois où je suis restée neutre,
j’ai dispersé tes brebis.
J’ai cru que disperser, c’était semer la division parmi les frères.
Mais se taire, c’est aussi disperser.
Et j’ai dispersé tes brebis.
Ces brebis pour qui tu t’es donné.
Oh, misérable que je suis.
Je regrette ces fleurs que je n’ai pas données.
Je regrette ce sourire que je n’ai pas donné.
Je regrette ces appels que je n’ai pas passés.
Je regrette ces mains que je n’ai pas imposées aux malades.
Je regrette ces témoignages que je n’ai pas rendus.
Je regrette tout ce que tu m’as inspiré…
et que je n’ai pas fait.
Je ne me cacherai plus derrière le silence.
Je ne resterai plus neutre.
Je ne veux plus disperser ce qui t’appartient.