
Écrire, je ne sais pas vraiment l’expliquer comme une méthode universelle, mais je peux dire avec certitude comment moi, j’écris. Cet article n’est pas un manuel technique. C’est un témoignage. Une traversée intérieure. Car pour moi, écrire n’est pas un choix esthétique ni un simple passe-temps : c’est une nécessité. Comme il est écrit : « De l’abondance du cœur, la bouche parle » (Matthieu 12,34) — et de l’abondance du cœur, l’écrivain écrit.
Très tôt, j’ai compris que je n’écrivais pas pour remplir des pages, mais pour répondre à un appel. Écrire, c’est obéir à une source. Et cette source a un nom.
Écrire : une inspiration qui vient d’ailleurs
Si je devais résumer l’origine de mon écriture en un mot, ce serait celui-ci : Dieu.
La source première de mon inspiration, c’est Lui.
Messagère de l’Essentiel, je trouve ma raison d’écrire dans le fait que l’Esprit m’inspire ce que je dois partager. Ce qu’Il dépose en moi, je le mets sur papier. Parfois doucement. Parfois avec urgence. Mais toujours avec la conviction que je ne peux pas me taire.
L’inspiration ne tombe pas du ciel de manière spectaculaire. Elle se glisse dans le quotidien. Elle se cache dans les détails les plus simples :
- un mot lu dans la Bible, qui devient le point de départ d’un récit
- une question surgie pendant un temps de méditation
- une interaction avec un patient ou un collègue
- une scène observée dans la rue
- un sentiment fugace, une émotion soudaine
- une image, une phrase entendue, presque par hasard
Très souvent, ce sont des questions existentielles — parfois naïves, parfois profondes — qui ouvrent en moi un espace nouveau. Ces questions deviennent des graines. Et l’écriture devient le champ où elles prennent forme.
C’est pour cela que je garde toujours un carnet avec moi. Partout. Je ne laisse pas mes pensées s’échapper. J’écris pour ne pas perdre ce qui m’est confié.
Pourquoi l’écriture est devenu une obligation
J’ai commencé à écrire en 2018. À l’époque, la raison était simple : faire passer le temps.
Je venais d’obtenir mon baccalauréat en août et j’attendais une rentrée universitaire prévue pour janvier. Le temps me semblait long. Alors j’ai écrit.
En 2020, avec la Covid et le confinement, écrire est devenu plus qu’un refuge : une passion.
Mais le véritable tournant est arrivé en 2024.
Cette année-là, écrire n’était plus une option.
C’est devenu une obligation.
Une obligation de partager ce que j’ai reçu, compris, appris. Je pose beaucoup de questions à Dieu. Des questions parfois simples, parfois dérangeantes :
- Pourquoi le ciel est-il bleu ?
- Pourquoi la Bible contient-elle 66 livres et pas un de plus ?
- Pourquoi Jésus est-il mort sur une croix et non lapidé ?
- Pourquoi 12 disciples et non 15 ?
Certaines réponses m’étonnent, m’éclairent, me bouleversent. Et je ressens alors ce devoir intérieur : ne pas garder cela pour moi.
Mais écrire fait aussi autre chose : cela me rapproche de Dieu.
Écrire comme un dialogue vivant avec Dieu
J’écris presque toutes les conversations que j’ai avec mon Bien-aimé.
L’écriture est devenue un lieu de rencontre.
J’ai plusieurs carnets, chacun dédié à une dimension précise :
- un carnet de poésie pour chanter Ses louanges
- un carnet de méditation
- un carnet de requêtes et de prières
- un carnet pour les inspirations liées à mes livres
- un carnet pour les idées d’articles du blog
- un carnet pour les enseignements des cultes du dimanche
Oui, cela fait beaucoup de carnets.
Mais écrire, pour moi, c’est aussi donner une forme visible à l’invisible.
Une idée, une vision, un projet : je les écris pour les ancrer.
J’écris aussi parce que j’oublie. Écrire devient alors un acte de mémoire et de fidélité.
À ce stade, vous l’aurez compris : je n’écris pas seulement pour être lue.
J’écris parce que je ne peux pas faire autrement.
Écrire concrètement : comment je procède
1. Je note tout, tout le temps
Écrire commence bien avant le texte final.
Une idée pendant la méditation biblique ? Je note.
Une phrase entendue pendant un culte ? J’écris.
Une remarque intéressante en cours ? Je la mets par écrit.
Une image juste avant de dormir ? Je la dessine ou je la décris.
Dans les transports, au restaurant, dans la cuisine, à la plage, au cinéma :
mon carnet et mon stylo ne sont jamais loin.
Et quand je n’ai rien sous la main, j’utilise mon téléphone. L’essentiel est de ne rien perdre.
2. Écrire en laissant l’Esprit choisir
Avec toutes ces notes, je viens devant Dieu et je Lui demande quoi en faire.
Parfois, la réponse est claire :
- « Jette cela. »
- « Garde pour plus tard. »
- « Développe cette idée. »
Je n’écris pas par obligation de produire.
J’écris quand l’Esprit me donne le feu vert.
3. Écrire sans filtre au premier jet
Une fois l’idée validée, j’écris sans filtre.
Je ne pense ni au style ni à la beauté.
Je laisse la main suivre la pensée.
Quand l’inspiration s’arrête, je m’arrête aussi.
Je ne cherche jamais un chef-d’œuvre au premier jet. Chaque texte est un pas, un apprentissage.
4. Écrire, puis discerner
La relecture est un temps de discernement.
Je pose cette question essentielle :
Dois-je publier, éditer, garder ou me taire ?
Car tout ce que Dieu dit n’est pas destiné à être partagé.
- « Publie » : cela devient un article.
- « Édite » : cela devient un livre.
- « Garde » : cela attend son heure.
- « Pour toi » : je garde le silence.
Un écrivain sage ne publie pas tout ce qu’il écrit.
Exercice simple pour écrire dès aujourd’hui
- Prenez un carnet ou votre ordinateur
- Notez trois choses qui vous ont marqué aujourd’hui
- Choisissez-en une et écrivez 5 à 10 lignes
Ne cherchez pas la beauté. Cherchez la vérité de ce que vous ressentez.
Écrire commence toujours par là.
Conclusion : l’écriture, un voyage à deux
Écrire est un chemin qui se parcourt pas à pas.
Dans mon cas, écrire est un voyage que je fais avec Dieu.
Si cet article peut vous transmettre une chose, c’est ceci :
L’écriture n’est pas réservée à une élite. Elle est accessible à tous ceux qui osent poser leurs mots.
Alors prenez un carnet.
Prenez vos mots.
Et commencez.
Votre atelier commence maintenant.
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