La Bible ne dit pas tout : apprendre à chercher

Bible ouverte posée sur une table en bois, éclairée partiellement par une lumière douce du matin, avec une partie des pages dans l’ombre, illustrant que la Bible ne dit pas tout

Quand j’ouvre la Bible, c’est souvent avec une attente.
Celle d’y trouver des réponses.

Parce que j’ai fini par la voir comme ce livre qui contient tout.
Tout ce que l’homme cherche.
Tout ce qu’il ne comprend pas.

Et pourtant…

Plus je la lis, plus une chose me dérange.
La Bible ne dit pas tout.

Dieu n’explique pas tout.

Il y a des passages où quelque chose semble manquer.
Un pourquoi.
Une intention.
Une explication.

Le texte avance. Et moi, je reste arrêtée.

Pourquoi laisser le lecteur dans le flou ?
Pourquoi ne pas dire les choses clairement dès le début ?

Et, en essayant de comprendre… une autre question s’est imposée.

Et si Dieu n’expliquait pas tout, non pas pour laisser le lecteur dans le flou,
mais parce qu’Il ne veut pas seulement être compris… mais aussi cherché ?

La Bible ne dit pas tout : ce que cela provoque en moi

En réalité, en lisant certains passages, ce sentiment revient.

Comme dans 1 Chroniques 4.
Une suite de noms.
Tel engendra tel.

Puis, sans transition, sans explication : Jaebets apparaît.

“Jaebets était plus considéré que ses frères…”

Mais qui l’a engendré ?

Le texte ne le dit pas. Et il continue.
Sa prière : “Si tu me bénis…”

Puis cette fin étrange. Comme suspendue.
“…en sorte que je ne sois pas dans la souffrance !…”
Et Dieu accorda ce qu’il avait demandé.

Mais pourquoi cette coupure ? Pourquoi ce silence ?

Et ce n’est pas un cas isolé.

Dans Genèse 37, on parle de la descendance de Jacob.

Je m’attends à une liste. Un ordre.
Mais non.

Joseph apparaît.
Les autres sont là, quelque part. Mais pas dit.
Comme s’ils n’étaient pas nécessaires.

Et puis il y a le Cantique des cantiques.

Je lis. Et je ne sais plus qui parle.
La Sulamite ?
Le bien-aimé ?

Les voix se croisent. Sans indication ni repère.

Et tout cela me laisse… arrêtée.
Parfois frustrée.
Parce que rien n’est vraiment clair.

Parfois, je cherche. Je devine.
Et parfois, un simple détail me bloque.

Je n’avance plus.
Je reste là.

Et même après avoir cherché… rien.
Aucune réponse.

Mais alors, pourquoi cela me dérange-t-il autant ?
Pourquoi ce besoin de comprendre immédiatement ?

Quand comprendre devient une condition pour croire

Alors, quand je reviens à ces états d’âme, une autre question s’impose à moi.
Une question encore plus dérangeante que la première.

Et si le problème ne venait pas de ce que la Bible ne dit pas tout… mais de moi ?

Pourquoi ai-je besoin que tout soit dit ?
Pourquoi ce flou me gêne-t-il autant ?

Est-ce parce que je ne consens à faire confiance que lorsque tout est clair ?
Est-ce donc à cela que je réduis ma relation avec Dieu : me confier à Lui seulement après avoir compris ?

Ne recevoir Sa parole que lorsqu’elle est entièrement expliquée ?

Aurais-je réduit Dieu à quelque chose à comprendre ?
À un mystère à percer ?

Et si…
ce que je considère comme un manque n’en était pas un ?

Si ces silences étaient volontaires ?

Si Dieu n’expliquait pas tout, non pas pour laisser le lecteur dans le flou,
mais parce qu’Il ne veut pas seulement être compris… mais cherché ?

Et si ces vides existaient justement pour devenir des lieux de rencontre avec Lui ?

« il a voulu qu’ils cherchassent le Seigneur, et qu’ils s’efforçassent de le trouver en tâtonnant… »
(Actes 17, 27)

Et si chercher impliquait justement de ne pas tout comprendre ?

Et si cela changeait ma manière d’écrire ?

En y revenant, je réalise que cette tension ne concerne pas seulement ma manière de lire.
Elle touche aussi ma manière d’écrire.

En écrivant, je me rends compte que j’ai souvent le réflexe inverse.
Expliquer
Préciser.
Combler.

Comme si chaque zone floue devait être remplie par moi.
Comme si le silence risquait de perdre le lecteur et que mes écrits devaient être la réponse à ses questions.

Et pourtant.

Ce que je lis dans la Bible me dérange… mais me déplace aussi en tant qu’écrivaine.

La Bible ne dit pas tout.
Elle laisse et n’explique pas tout.
Elle ne tient pas le lecteur par la main.
Ce rôle est laissé à l’Esprit.

Peut-être que…écrire, ce n’est pas tout dire.
Peut-être que ce n’est pas expliquer davantage.

Mais laisser un espace.

Un lieu où quelque chose peut se passer.
Un lieu où le lecteur ne reçoit pas seulement des réponses…
mais est lui aussi amené à chercher l’Essentiel.

Ces silences me dérangent peut-être autant parce qu’ils me mettent face à une autre manière d’écrire.

Et peut-être aussi à une autre manière de lire.

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