
Le soir est tombé. Tout est calme.
Améthyste s’est retirée, comme elle le fait souvent.
Pas par habitude. Pas vraiment.
Plutôt comme on revient vers quelqu’un qu’on aime.
Le livre est ouvert entre ses mains.
Elle ne cherche pas une réponse.
Ni même une compréhension.
Seulement s’approcher.
Encore un peu.
Lire.
Rester.
Écouter.
Un verset qui arrête
Ses yeux avancent doucement.
Les mots passent.
Les phrases s’enchaînent.
Jusqu’à ce qu’elle s’arrête.
Elle ne sait pas exactement pourquoi.
Mais quelque chose retient son regard.
Elle revient en arrière.
Relit.
« C’est ainsi qu’il chassa Adam; et il mit à l’orient du jardin d’Eden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie. »
(Genèse 3:24)
Ses doigts restent posés sur la page.
Elle ne tourne plus.
Le verset demeure.
Silencieux.
Mais lourd.
Pourquoi ?
Quand Dieu ferme… et cherche l’homme
Elle reprend le texte.
Adam et Ève sont chassés.
Le jardin est fermé.
Un chemin est gardé.
Un lieu ouvert, devenu inaccessible.
Un passage… désormais interdit.
Une gêne s’installe.
Ce Dieu qu’elle aime
lui semble soudain plus dur.
Il chasse.
Il ferme.
Il empêche.
Pourquoi Dieu empêcherait-il l’homme de vivre ?
« Où es-tu ? » (Genèse 3:9)
Les mots résonnent autrement.
Comme s’ils ne concernaient pas seulement Adam.
Le silence s’installe.
Elle ne lit plus.
Elle attend.
Et si Dieu cherchait l’homme autrement ?
Une pensée traverse.
Fragile.
Et si ce chemin fermé n’était pas une punition ?
Elle reste là.
Et si vivre éternellement dans cet état…
n’était pas une bénédiction ?
Vivre pour toujours…
séparé de Dieu.
Elle frissonne.
Alors quelque chose bascule.
Dieu ne chasse pas pour détruire.
Il éloigne… pour préserver.
Il ferme… pour protéger.
Le texte est toujours là.
Mais elle ne le voit plus pareil.
Le chemin est gardé.
Pas supprimé.
Gardé.
Une autre image vient.
Un chemin.
Puis une voix :
« Je suis le chemin, la vérité et la vie. » (Jean 14:6)
Le lien se fait. Sans effort.
Le chemin fermé… a peut-être été déplacé.
Depuis le commencement, Dieu cherche l’homme
Améthyste reste immobile.
Tout s’aligne.
Dieu chasse… pour sauver.
Dieu ferme… pour rouvrir.
Dieu éloigne… pour ramener.
Et cette pensée s’impose :
Depuis le commencement, Dieu cherche l’homme.
Elle pense à la croix.
Un homme.
Cloué.
« Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:8)
Alors ce n’était pas une fermeture.
C’était un détour.
Et moi… où est-ce que je me cache ?
Le livre est toujours ouvert.
Mais ce n’est plus Adam qu’elle voit.
C’est elle.
Elle aussi s’est cachée.
Elle aussi a fui.
Le silence revient.
Plus doux.
Puis une autre question.
Plus calme.
Et s’il ne s’agissait pas seulement d’être trouvée…
mais de répondre ?
Elle ne sait pas encore.
Mais quelque chose a changé.
Et moi…
Est-ce que je veux être trouvée ?
Pour aller plus loin
Si cette lecture fait écho en vous, vous pouvez poursuivre :
- → Lire l’article de réflexion : De Genèse à l’Apocalypse, Dieu cherche l’homme
- → Lire le psaume : De Genèse à l’Apocalypse, Tu poursuis l’homme